13 décembre 1999

Le temps s'écoule inéxorablement... ça fait si longtemps et c'est si proche. Le temps n'a pas toujours la même dimension, ça dépend de ce que l'on regarde, ça dépend si c'est devant ou derrière, si c'est beau ou laid, si on aimé ou pas. Pourtant les minutes, les heures, les secondes, les jours ont continuellement la même durée... Unité variable à durée invariable.

La musique résonne dans la pièce... ma tête... je ne l'entend pas. Il fait nuit dehors et le vent souffle dans mes volets et laisse glisser un léger sifflement à travers les volets en PVC.

Ecrire c'est difficile mais c'est esthétiquement beau. Je n'ai rien à dire et pourtant il y a toujours quelque chose à écrire. L'imagination me manque pourtant des milliers de choses me passent par la tête. Mais si c'est écrit je sais que ce sera un jour lu et ça me perturbe... J'aime mieux mettre tout cela en couleur. Et écrire juste des mots vides de sens ? A travers les couleurs le spectateur peut à la limite lire ma colère, mon calme, ma passion ou ma haine, mais sans connaitre l'origine de ces sentiments. La couleur émane de moi pour exprimer mes sentiments.

Les mots sont de magnifiques lignes entrelacées sur le papier mais ils savent des choses qu'ils racontent à qui veut bien les lires. Ils sont vulgaires, ils ne gardent aucun secret, ils crient haut et fort ce qu'ont leur confie, et l'humanité toute entière semble les écouter. La parole laisse la place à l'écrit. L'écrit se vante d'assurer la réalité des choses. Elle a écrit "si je pouvais je le tuerais"... Il ment, elle est accusée de meurtre. Elle l'aurait seulement dit elle aurait pu nier... Mais c'est écrit. L'écrit transforme la pensée en crime, le réfléchi en acte, le faux en vérité... Mes couleurs laissent le spectateur voir ce qu'il veut voir, ce qu'il veut aimer ou détester... J'ai parlé avec les couleurs, elles ont gardés mes secrets, même si l'oeil du spectateur se pose sur la toile, il ne voit pas tout ce que j'ai dit ou confié à mes couleurs.


Ma main souffre d'écrire, elle ne souffre pas de peindre. J'écris éternellement sur l'écriture. L'écrit et la parole ne sont pas naturels contrairement au geste pictural. Il est le père de l'alphabet et des sons. J'ai parfois envie de crier, mais les mots me font mal... au bras... Et ils restent coincés dans le labyrinthe de mon cerveau.

Mots sans sens. Mots esthétiques. Mots dessinés.

Aimablement le délire désaprouve l'inexorable envie. La tache s'acquiert lorsque le loup prend du recul. Et la lumière entre dans la pièce parce qu'elle le doit. Pourquoi rester sans bouger devant cette beauté ? Immanquablement la vie revient à la surface du monde, douce comme du velour. Le fauteuil violet s'harmonise à sa robe rouge dans un contraste violent et beau. La musique tremble devant cette incertitude et je continue ainsi à vivre dans l'instant de l'encre s'accrochant au papier...
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